1. Bande originale du proximo roman en chantier.

  2. Philip K. Dick, Conférence de Metz de 1977, publiée aux éditions de l’Eclat :

    http://www.lyber-eclat.net/livres/si-ce-monde-vous-deplait/

  3. Texte d’une élève rennaise, écrit suite à un atelier d’écriture que j’ai encadré au lycée Jean Macé. Consigne : détourner le célèbre extrait de Taxi Driver dans lequel Travis Bickle (Robert De Niro) se menace d’une arme face à un miroir. Le but était de remplacer Travis par le personnage de fiction préféré de l’élève.

    Nina est accroupie au pieds de son lit dans sa chambre, univers de fillette bercée d’illusions malgré son âge, ayant dépassé la majorité. A ses côtés, sont posés ses chaussons de danse classique.
    "Regarde ce que tu as fait d’eux, sale enfant capricieuse. Maltraités, salis, trahis, bannis. Ils étaient des fruits d’Eden et tu en as fait des étincelles diaboliques. Regarde ton massacre, c’est ton crime, sale garce. Tu vois, tu les as rendu inutiles, souillés, inaccessibles. T’es qu’une bonne à rien, voilà ce que t’es. Et encore, rien, c’est trop pour toi. L’unique fille de ta mère, elle qui te choie et place tout espoir en toi. C’était le rêve, c’était l’étoile, c’était le papillon qui sortait du cocon. Et toi, chose au sol, loque intouchable et sans valeur, tu as tout gâché. Aucune vie sociale, aucun talent, aucun avenir. La seule possibilité de te rendre utile était de faire vivre ta chère maman. Mais regardes-toi, saleté ! Une peste incapable de tenir sur tes pointes de pieds, incapable d’effectuer un entrechat ou une arabesque ! Même pas foutue de rentrer dans un tutu… Alors, l’incapable, tu t’es vraiment vue ? T’es minable, ma pauvre. Encore plus pitoyable lorsque tu te goinfres. Encore plus misérable lorsque tu te scarifies. Désespérément pénible quand tu t’entraînes. Enfin, si on peut appeler ça un "entrainement"… Tu t’essouffles tel un cachalot errant dans l’océan. Mais réveille-toi ! Réveille-toi et agit ! Tu ne vas pas contempler ces sirènes te voler la vedette toute la vie. Ta survie… Lève-toi et enfile ces chaussons de danse, entraîne-toi jusqu’à ne plus tenir debout, refuse les gâteaux de ta malheureuse mère et danse. Danse ! Danse jusqu’à décrocher la Lune. Danse jusqu’à dérober le coeur du public. Tu dois obtenir le rôle principal du prochain ballet. Tu as entendu ton professeur ? Il manquerait plus que tu sois sourde. Il suffit de jouer la comédie, idiote. Tu seras la meilleure. Tu dois être la meilleure. Comment ça, tu as faim ? Tu oses te plaindre d’être affamée alors que les autres danseuses sont si légères, souples, gracieuses, raffinées ? Tu devrais avoir honte, je ne sais pas comment tu fais pour continuer à respirer. Je ne te connais pas, toi cette chose ainsi affalée à même le plancher. Les étoiles, elles, flottent dans le ciel. Elles voguent au gré de la nuit. Toi, tu ne pense qu’à dévorer le ciel, t’es immonde. Les étoiles, elles s’envolent, elles s’enivrent, elles brillent. Non, tu vas décrocher le rôle du Cygne noir dans le prochain ballet. Tu seras l’Etoile. Tout ce que tu fais ne suffit pas. Les dominés ne font que participer, les faibles ne font qu’essayer. Tu remporteras la victoire, tu gagneras l’admiration du monde entier, tu seras parmi les combattantes. Bats-toi!"
    Les voix dans la tête de la jeune fille cessent soudainement. Elle se met à trembler, son esprit éclate en mille morceaux. Morceaux qui se rependent instantanément sur sa peau, laissant percevoir une multitude d’écailles. Le début d’un plumage malsain, une mutation angélique. Pas de douleur, pas de peine. Nina éprouve un malin plaisir à ressentir cette mutilation glisser dans son cou, courir dans son dos, nager dans ses cheveux, égratigner ses doigts, grimper sur ses hanches… Elle se gratte, gratter son âme pour la nettoyer, la purifier, la pardonner. Son âme la chatouille, son âme la dérange. Les écailles s’évanouissent, le corps pâle et frêle roule sur le parquet, grinçant. Les chaussons clairvoyants prennent une teinte foncée. Ses petits objets transpirent le sacrifice. Une couleur délavée apparaît, une parfum âcre embaume la pièce. Les chaussons s’enlisent dans une flaque enchanteresse et sombre, les reliant ainsi au cadavre frais. Par le faux espoir de les réutiliser un jour. La mère de Nina entre en catastrophe dans la chambre de sa fille… Nina ne s’est pas vraiment perdue. Aucun abandon, aucune trahison. Nina plane juste un moment parmi les arc-en-ciel. 
    Elle voulait effleurer le Soleil avant que la pluie ne vienne.

    Maigné Sarah, élève de 1L2, Lycée Jean Macé.

  4. s-t-e-a-m-p-u-n-k

    s-t-e-a-m-p-u-n-k

  5. hollyhocksandtulips: pirate girl

    hollyhocksandtulipspirate girl

  6. adventures-of-the-blackgang: Nauti-Gals ! retrogasm: “Arghhhh matey…”

    adventures-of-the-blackgangNauti-Gals ! retrogasm: “Arghhhh matey…”

  7. Déjà, j’aimais Joe Dassin. Mais alors là, ce n’est pas loin de devenir de l’idolâtrie. 

    La Bande à Bonnot (la vraie, la fausse) viendra faire un petit tour de voiture dans mon prochain roman.

  8. Se laisser envahir. Ignorer le vacarme. Dompter le mistral. Se laisser faire. Se regarder vivre. Se voir perdre. S’ entendre maudire. Se sentir mourir. S’ ecouter parler. Se faire suer. Se laisser choir. S’ouir sombrer. Se sentir vivre. S’entendre dormir. Se laisser faire, s’ecouter crier, s ‘endormir. Zzzzzzzz. Se laisser réveiller. Se lever joyeusement. Partir au front. Se faire enfaver. Se voir abandonner. Se faire voir. Se faire avoir. Se voir faire. Se voir fuir. Se faire luire. S’enduire de farine. S’enquiquiner, se fondre. Saliver, s’en foutre. Saturer, s’en remettre. S’en mettre plein. Se tordre, rire. Se mordre, langue. Se former, forcer. Renoncer sans combattre. Battre le faire. Faire le mort.

    — https://export.writer.zoho.com/public/strofka/untitled20/fullpage

  9. La société ne m’accordait que trois moyens d’existence : le travail, la mendicité, le vol. Le travail, loin de me répugner, me plaît, l’homme ne peut même pas se passer de travailler ; ses muscles, son cerveau possèdent une somme d’énergie à dépenser. Ce qui m’a répugné, c’est de suer sang et eau pour l’aumône d’un salaire, c’est de créer des richesses dont j’aurais été frustré. En un mot, il m’a répugné de me livrer à la prostitution du travail. La mendicité c’est l’avilissement, la négation de toute dignité. Tout homme a droit au banquet de la vie.
    Le droit de vivre ne se mendie pas, il se prend.
    Le vol c’est la restitution, la reprise de possession. Plutôt que d’être cloîtré dans une usine, comme dans un bagne ; plutôt que mendier ce à quoi j’avais droit, j’ai préféré m’insurger et combattre pied à pied mes ennemis en faisant la guerre aux riches, en attaquant leurs biens. Certes, je conçois que vous auriez préféré que je me soumette à vos lois ; qu’ouvrier docile et avachi j’eusse créé des richesses en échange d’un salaire dérisoire et, lorsque le corps usé et le cerveau abêti, je m’en fusse crever au coin d’une rue. Alors vous ne m’appelleriez pas « bandit cynique », mais « honnête ouvrier ». Usant de la flatterie, vous m’auriez même accordé la médaille du travail. Les prêtres promettent un paradis à leurs dupes ; vous, vous êtes moins abstraits, vous leur offrez un chiffon de papier.

    — Alexandre Marius Jacob, “Pourquoi j’ai cambriolé” (adresse aux juges qui l’enverront au bagne).
    [infokiosques.net] - Pourquoi j’ai cambriolé